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Publié par Thierry Verhelst

La souffrance ouvre à la transcendance
La souffrance ouvre à la transcendance

D’origine belge, Thierry Verhelst, juriste et anthropologue, a milité au sein de nombreuses ONG, et voyagé de l’Inde au Brésil en passant par l’Éthiopie, le Rwanda, l’Algérie et les États-Unis. Plus tard, il est devenu prêtre orthodoxe d’une petite communauté près de Bruxelles, et guide spirituel. Marié, père de deux filles, il a appris en 2010 qu’il était atteint d’une sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée maladie de Charcot. Il est mort le 25 avril 2013, quelques mois après avoir fêté ses 70 ans.

Anne Ducroq, journaliste et écrivain, a fait sa connaissance alors qu’il était déjà malade. Elle l’a rencontré à maintes reprises à Bruxelles, a conversé avec lui par téléphone, courriel ou via Internet, sur Skype. Le lendemain de son enterrement, sa femme, Roseline, lui a – avec l’accord de Thierry – confié les journaux spirituels qu’il avait tenus tout au long de sa maladie.

Ce livre est le récit, jour après jour, au travers de ces journaux, mais aussi de ces entretiens, et de certains de ses courriels, du bouleversant chemin de liberté intérieure qui va le conduire, non sans larmes et colère, découragement et angoisse, mais aussi souvent avec humour, à accueillir«ce qui est», et de dire «oui» à tout. «Je quitte la toute-puissance que donnent la santé, le diplôme, le statut social, l’audace de l’impertinence, écrit-il par exemple le 15 mars 2011. Je découvre la vulnérabilité et le handicap qui ouvrent à la transcendance. Humilité. Tendresse envers soi-même.»

Plusieurs fois, il remerciera ensuite la maladie, la reconnaîtra comme «une merveilleuse invitation à se brancher sur l’essentiel» (juin 2011). «Je te bénis de me faire le cadeau de la SLA, cette leçon d’humilité et d’amour» (9 mars 2012). «J’ose dire que je ne voudrais pas que cette maladie n’ait pas eu lieu. (…) L’amour sans limite a fait irruption dans ma vie à l’occasion de la SLA» (nov. 2012).

Alors qu’il perd la maîtrise des gestes quotidiens les plus intimes, et bientôt l’usage de la parole, il acquiert en réalité une conscience presque palpable de la Présence : «Je sens le Christ qui vient doucement soulever la pierre tombale de mon cœur et me dire : “Viens, vis”» (3 juin 2012). «Ce n’est plus l’ego qui vit, c’est la mort-résurrection, l’UN, qui vit en moi !» (26 juin 2012).

Enfin, le 29 octobre 2012, il explique à Anne Ducroq : «Mon corps pourrait devenir une cellule de prison. Je préfère le voir semblable à une cellule monastique. Être un avec cette croix qu’il m’est demandé de porter, comme mon modèle, le Christ. (…) Devenir Un, douloureusement et amoureusement Un. Être abrasé et embrasé.» 

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senegal 24/10/2014 17:42

Aide à mieux accepter la souffrance

Viau Françoise 13/06/2014 21:09

Quelle Force , comment se plaindre après ces lignes venues du coeur ..... ! Merci Anne , Merci Barbara , Merci Thierry ! .......